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Dossier

La toile nous fait son cinéma

Par MiChevreau

Assis face à l'écran lumineux des salles obscures, les quinquets curieux s'écarquillent, les éclats de rire fusent joyeusement, c'est le bonheur. Le cinéma a ce charme merveilleux  d'emporter chacun vers d'autres mondes. Des mondes prodigieux, inconnus, émouvants, drôles, mis en scène par des passionnés, souvent méconnus. Alors, partons les découvrir au cinéma... Attention "clip clap" : on tourne !

Ma vie de Courgette - rencontre

©DR

Imaginez un garçon de 10 ans qui s'appelle Courgette et qui y tient. Né du mauvais côté de la vie, il n'a rien d'un légume ! Ce film d'animation pétri d'émotions et de tendresse raconte avec bonheur la force de résilience d'un groupe d'amis et prône joliment l'empathie. Parlons-en avec Claude Barras, le réalisateur :  

- Claude, pourquoi ce film et quel est son attrait ?  
J'ai été marqué, étant enfant, par les films mélo-dramatiques comme les 400 coups et j'avais envie de donner aux plus jeunes un peu de l'impression ressentie alors. L'offre actuelle porte plutôt sur des films fantastiques ou d'aventure, la trame du réalisme est très peu utilisée. Je voulais parler aux enfants de ce qui se passe ici et maintenant, des problèmes qu'ils peuvent rencontrer. C'est ce qui fait l'originalité du film. A la lecture du livre de Gilles Paris, j'ai commencé à dessiner des personnages, mais il manquait un scénario. Mes producteurs m'ont proposé Céline Sciamma qui a fait un travail extraordinaire. Elle a réussi à garder l'essentiel des personnages et des situations, et à faire un film avec une intensité dramatique et une clarté de récit très chouette. L'univers graphique particulier des marionnettes, avec des têtes et des yeux très gros filmés avec des plans longs très près des personnages, était le moyen de mettre en évidence le ressenti émotionnel au travers du regard des personnages.  

- Y a t'il des scènes qui ont été particulièrement difficiles à réaliser ?   Oui, les scènes de neige par exemple, le défilement des pistes de ski et le décor neigeux pour qu'il paraisse réel. Les scènes de groupe aussi étaient fascinantes pour arriver à synchroniser les 10 animateurs qui actionnaient les personnages selon leur personnalité.  

- Les voix sont en majorité des voix d'enfants, comment obtenir un tel naturel ?   J'ai eu la chance d'avoir Marie Ève Hildbrand qui s'est occupé de toutes les étapes liées au travail des voix. Elle a choisi des enfants proches de chaque personnage fictif.  Il y a eu beaucoup de prises de son directes et donc, un énorme travail de montage. Les enfants pouvaient apporter leur spontanéité, ce qui a permis de restituer et créer toute la gamme de leurs émotions, une des grandes force du film.  

- Enfin, pour un film réaliste, la seule larme aperçue est une larme de joie, pourquoi ?   J'aime bien utiliser le contraste et le paradoxe. Je suis ému dans les films face à des personnages forts qui craquent dans des passages doux. Il ne fallait pas être larmoyant, c'était un équilibre fragile à construire. Tout le film joue ainsi avec l'ombre et la lumière !  

Ma vie de Courgette
A partir du 19 oct. Dès 9 ans – 1h06

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